Du Choquequirao au Machu Picchu l’épopée mystique Inca

Legrand Foodtrip
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Choquequirao, un trek Inca authentique et économique

Au départ de cette épopée fantastique du Choquequirao, une volonté de diminuer le coût de notre visite au Machu Picchu et de rendre cette expérience plus authentique et surtout différente.
En effet, pour atteindre la ville du Machu Picchu – Agua Calientes – et visiter les ruines Incas les plus connues et reconnues par l’UNESCO comme l’une des 7 merveilles du monde, plusieurs possibilités s’offrent à vous: de la plus onéreuse à la moins coûteuse:
  1. Le train Cusco – Agua Calientes,  le plus cher du monde et opéré par la compagnie Belmond anciennement Orient Express. Le train bleu vous amènera directement au centre de la ville du Machu Picchu pour la modique somme de 1300 Sol soit environ 400 US $ AR pour 107 Km. Il vous restera à payer le bus AR pour monter aux ruines 75 sol par personne et l’entrée comprise entre 134 et 240 sol selon votre visite.
  2. Le très connu et peu recommandé Inca Trail ou Jungle Trail (variante). Si vous avez entre 400 et 800 US $ à dépenser en 4 jours et que vous souhaitez marcher à la queue leuleu ceci est pour vous ! Attention, ce trek est à réserver en avance, parfois jusqu à 6 mois.
  3. Partir à l’aventure en autonomie et traverser pendant 7 jours les deux vallées des sœurs sacrées. Profiter au passage des Ruines du Choquequirao, assez méconnues du grand public et pour le moment uniquement accessibles par voie pédestre. Dormir au plus proche des communautés locales. Vivre l’une des expériences des plus éprouvantes mais aussi des plus enrichissantes de votre vie pour la modique somme de 190 US $ par personne.  

Nous avons évidemment fait le choix de l’aventure et nous en garderons un souvenir indélébile pour le restant de notre vie. Récit d’une épopée mystique hors du commun.

Préparation du trek

Nous nous étions beaucoup renseignés sur ce trek et sa préparation. Partir marcher 7 jours en autonomie dans les vallées sacrées du Pérou ne s’improvise pas. Aidés par le récit de Fabienne et Damien du Blog Novo-Monde, qui auront été présents à chaque moment de notre trek et que nous remercions du fond du cœur pour leurs détails précis, nous avons préparé notre départ. Fidèle à nous même, têtus et sûrement un peu par soucis d’économies de bout de chandelle, nous sommes partis sans chaussures de marche, sans pantalons étanches, sans bâtons, sans mules, sans lampes de poche, sans pâtes chinoises. Il nous restait alors : nos sacs de couchage + 15 degrés (efficace à 4000m), nos 10 kg de bouffe, une bouteille de rhum en verre, nos baskets et sandales super glissantes et super pas étanches, nos sacs de 15 et 20 kg, nos tapis de yoga 2mm, notre volonté de fer et surtout notre connerie !

Pour la modique somme de 15 sol par tête nous avons embarqué le lundi pour Cachora, ville point de départ du trek.

De Cachora aux Ruines du Choquequirao

Jour 1

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Nous terminons nos emplettes food dans ce petit village et décidons finalement de ne pas acheter de couverture. Après tout, nous avons survécu au froid patagonien, plus rien ne nous arrête depuis. Nous finissons par décoller à 15h30 précises vers le Machu Picchu, situé à plus de 7 jours de marche. 10 km et moins de 2h plus tard, nous arrivons au Mirador avant la nuit. Une rigolade ce trek. On a bien fait de ne pas acheter tout ce matériel inutile.

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Antoine, comme à son habitude, débusque le meilleur spot pour planter la tente, loin des mules et autres randonneurs et je m’attelle à nous préparer un bon diner. Nous filons au lit relativement tôt, après tout demain une longue journée de 25 km nous attend.

Jour 2

Départ à 7h45 ! On a déjà 1h 15 de retard sur notre programme mais tudo bom ! On décolle pour une journée de 3000m de dénivelé en commençant par 11 km et 1500 m de descente. Il est midi, nous ne sommes toujours pas au Rio, situé à la moitié du chemin, je peine à avancer et fini par enfiler mes sandales. A chaque pause de plus de 5 secondes c’est la débandade des moustiques.

Première engueulade. Je n’y arriverai jamais. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on est pas du tout arrivé !

Une courte pause au Rio et nous repartons pour une seconde partie de souffrance et sous une chaleur harassante : il nous reste 10 km et 1500 m de dénivelé positif. Je m’évanouis après 2 petits kilomètres de ce régime infernal.

1ère larme de douleur. Seconde engueulade. Antoine jouera au muletier pendant près d’un km et portera mon sac et le sien ! C’est finalement Gérald, Philippe et Julie-Anne, des français adorables qui nous aideront à terminer les 2 derniers kms pour atteindre le camp de Santa Rosa Alta, situé à la moitié de la montée.

Eux ont évidemment l’équipement de folie adapté et une mule ! Nous les feront bien rire en leur montrant le contenu de nos sacs ! Nous arriverons lessivés et trempés sous une pluie battante ! Il nous reste pas moins de 5 jours. Si l’enfer existe, nous y sommes arrivés !

Jour 3

Les nuits sont fraîches et mouillées ! Niveau météo pas d’amélioration. Nous tentons de nous approprier les services d’Alberto (le muletier de la joyeuse bande) pour atteindre les ruines du Choquequirao, sans succès. Nous repartons donc pour les 500 m de dénivelé restants jusqu’au village de Marampata.

Nouveau craquage à 75 m de l’arrivée ! Nous croisons finalement un gentil groupe de muletiers qui acceptent de m’aider à porter mon sac jusqu’au village. Ouf, il existe de gentils locaux. Antoine en cherchera désespérément un au village ! A ce stade, c’est notre dernière chance de croiser un muletier. Là encore sans succès. Nous terminons finalement le « plat » péruvien qui nous mène jusqu aux Ruines ! En réalité, entendez plutôt une succession de montées et descentes : NIKEL pour les genoux.

Et finalement, un rayon de soleil nous laisse apercevoir les Ruines au loin.

2ème larmes, d’émotion. Là, nous rencontrons nos voisins de tente, 2 amis français partis initialement pour se faire les Ruines du Choquequirao et qui s’embarquent finalement jusqu’au Machu Picchu. Ils sont sympa à souhait et tout autant à l’arrache que nous ! Nous passerons le reste de l’après midi à crapahuter dans les ruines sous un soleil de plomb. Nous sommes épuisés et meurtris mais la magie opère. Ils sont complètement fous ces Incas !

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On comprendra plus tard que l’ensemble de ces travaux de terrassements à flan de montagne étaient certes destinés à l’agriculture mais surtout à occuper le peuple et ainsi éviter toute révolution. Pas con !

Jour 4

Nous négocions à la volée de partager le muletier de Camille et Greg et d’embarquer un de nos sacs et notre tente sur leur mule ! Notre dernière chance est un succès et nous partons pour notre 4ème jour de marche le cœur léger et re-boosté !

9h : on quitte le camp quelques temps après notre nouvelle équipe de choc et décidons d’emprunter le chemin du canal d’irrigation, fermé au public mais tellement plus Indiana Jones ! Nous ne le regretterons pas.

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La route jusqu’à Maizal est longue et a des allures de déjà vu : 2800 m de dénivelé et 17 km nous attendent. Après une pause méritée et sympa dans les ruines de Pinchaunuyoc, nous finissons par rattraper Camille et Greg au Rio et avant midi !

Pour une fois on est dans les temps !

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On improvise une baignade pour se donner du courage avant la montée ! A quatre tout va mieux. Nous nous encourageons tous et surtout Antoine qui a de plus en plus mal aux genoux et porte tout de même une partie de nos affaires. Une courte pause déjeuner et 30 piqûres de moustique plus tard, nous repartons frais et dispos pour attaquer les derniers kms jusqu’au camp.

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Nous y arriverons un peu après 16h. Un endroit magique au dessus des nuages où vit une famille de femmes et deux enfants en bas âge. Nous aurons le temps pour une fois de profiter de la fin de journée pour nous reposer et d’un bon diner tous ensemble dans la cuisine familiale. Pas de cuisine au réchaud, pas de vaisselle : un rêve !

Jour 5

Toujours aucune amélioration quand à la qualité de nos nuits mais un allègement quand au sac d’Antoine ! Nous préparons le petit déjeuner et partons sur les coups de 7h30 pour la dernière grosse journée ! Très tranquillement et gaiement, nous nous engageons tous les quatre sous la pluie et dans la jungle avec de la boue jusqu’au cou. Au bout de quelques heures, nous croisons des travailleurs qui nous souhaitent à tous bon courage pour la montée qui commence. De leur côté c’est l’hilarité générale, du notre on peut plutôt lire l’incompréhension sur nos visages, on grimpe déjà depuis deux bonnes heures.

Mais ça, c’était sans compter les 2 heures et demi de marche en escalier de type « Inca » et dont la hauteur varie entre 50 cm et 80 cm ! Et voilà le calvaire qui recommence ! Entre pause et découragement, on rigole en se demandant pourquoi les êtres les plus petits de la planète s’imposaient de tels escaliers ! Nous arriverons finalement dans un sacré brouillard en haut du col à 12h15 ! L’heure du déjeuner a sonné et nous préparons un casse-croûte d’anthologie: pasta bolognaise, pâté sur canapé et guacamole maison ! C est ici également que nous retrouverons notre petit couple de Bulgare abandonné sur les Ruines du Choquequirao et qui n’auront  de cesse de nous talonner. Nous repartons tous les huit pour une descente des plus mystiques vers le village de Yanama.

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La fatigue et la douleur n’existent plus, nous terminerons cette journée sous le soleil dans une vallée verdoyante et agricole et une super ambiance.

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Le soir nous dinerons tous ensemble dans la famille qui nous héberge. Un vrai moment convivial et pour une fois le couple qui nous reçoit semble être très heureux et vivre de façon tout à fait normale ! Ce n’est pas souvent le cas..

Jour 6

Alors que nous pensions être descendu dans la vallée et pouvoir profiter d’une nuit douce et clémente, nous nous réveillons transit de douleur après la nuit qui s’avérera être la pire de notre épopée jusqu’au Machu Picchu. Pas de temps à perdre, le camion qui nous emmène décolle à 8h et il n est pas question de le rater.

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On part alors pour une expédition des plus périlleuses. Il aura surtout fallu nous armer de patience car pour parcourir les 50 km qui nous séparent d’Hydroelectrica, départ du train vers notre graal, pas moins de 6 heures de route, 5 déchargements de sacs à patates, 12 arrêts passagers, une reconstruction de route et le passage d’un col à plus de 4600 m d’altitude auront été nécessaires…le tout sous une pluie battante mais pour ça nous sommes déjà rodés.

Après un long déjeuner au soleil, nous décidons de nous engager vers notre dernière marche. En apparence, la plus simple. Un plat de 12km et ce coup ci pas de doute possible puisque nous longeons les rails du train. C’était une nouvelle fois sans compter sur notre Chuvia adorée. 2h15 de pluie tropicale, seuls au monde sur les voies ferrées et une arrivée dans le noir à Agua Calientes ( 1 lampe frontale pour quatre). Nous sommes épuisés, trempés jusqu’aux os. On est bien loin des 300 personnes et de la balade printanière dépeinte par Fabienne et Damien. Là encore tout est emprunt de mystère. Nous aurons enfin le droit à une douche des plus brûlantes et ce pour notre plus grand plaisir.

Machu Picchu City

Jour 7

La tradition veut que le 7eme jour, le réveil sonne à 4h tapante pour arriver à temps et les premiers à l’ouverture des portes du site. Nous avons décidé que nous ne serions pas les seuls lors de notre visite et avons préféré un départ sur le coup de 8h et en bus, le genou d’Antoine étant au plus mal. Pour le reste je m’arrêterais là, les photos parlerons d’elle mêmes..

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Révélation n •1 : je ne sais pas si c est l’émotion, la visite sans touristes ou le site en lui même, mais nous aurons finalement mille fois préféré les ruines du Choquequirao.

Révélation n •2 : si vous souhaitez vivre une aventure similaire et vous engagez sur le chemin des sœurs sacrées, nous vous incitons à le faire au plus vite : en 2017 le Pérou se lance dans la construction d’un téléphérique pour atteindre les ruines du Choquequirao, découvertent à seulement 35%.

On vous souhaite tout le courage du monde..

1 Comment

  • savey dit :

    Je ne me lasse pas de découvrir et de lire vos aventures. Vous me manquez profondément mais je me sens près de vous ici… J’aimerais vous proposer un petit quelque chose (même à distance…!)

    Pleins de bisous tous doux !

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